Pauvreté
Le Brésil est un de ces pays qui n'est pas pauvre bien qu'on le croit. Seulement qu'il Y A beaucoup de pauvres ici. C'est pas pareil.
Cette dychotomie entre le monde des riches et le monde des pauvres est très frappante.
D'un côté, il y a plusieurs chaines de télé, toutes les rues sont en asphales, il y a des tonnes de voitures, peu de moto/mobilettes comme dans les pays pauvres (Burkina, Thailande), quoique le temps le permettrait. Plein de produits que je ne me paie pas à l'épicerie. Dont plusieurs beaucoup trop cher, des importations (ce qui parait du protectionisme) Une pointe de parmesan Reggiano? 35$!On peut très bien vivre en riche. Une pub d'Air france qui vend sa première classe sur un pan entier d'un immeuble le confirmera. Qui se paie la première classe? Personne que je conaisse.
Et de l'autre côté, il y a la pauvreté.
La pauvreté est souvent familiale. C'est ce qui est le plus dûr à voir. À Montréal, on ne la sent pas celle-là; on ne voit que des hommes, et quelques femmes dans la rue. Ici, c'est la famille au complet. Le dimanche soir, je vois parfois une femme avec quatre enfants sur des cartons. J'ai vu le journal titrer "Fille de 17 ans enceinte vit dans un trou". Elle vivait sous un viaduc. Normalement, la police ramasse les mineures dans la rue, voilà pourquoi ils ont titré cela, sinon on en parlerait même pas.
Il y a toujours quelqu'un qui dort devant la porte de mon building. Les poubelles sont systématiquement fouillées. Ya une femme enceinte qui le fait entre beaucoup d'autres.Et il y a l'homme qui pue le plus au monde. Bon, ça c'est probablement du désordre mental et pas de la pauvreté, mais ça me tentait d'en parler. Non, mais c'est au point où on peut voir la réaction dans la face des gens qu'il croise dans la rue. Ça va du retroussement de nez, au battement d'air avec la main. Peu restent indifférents. Il es noir de saleté et il sent le caca qu'on peut presque voir parceque se pantalons ne tiennent pas. Mais, quand même, il y a quelquechose de beau dans son visage, peut-être le regard, comme les schizofrènes ont souvent.
Mais lui n'habite pas les favelas, c'est un sans-abris. Les habitants des favelas ne font que passer à Copacabana. On en reconnait certains sans équivoques. Les enfants sont nu pieds et ont de très grands chandails, parce qu'ils l'étirent quand ils dorment dedans dans les recoins des villes, si ce n'est pas carrément sur le trotoir. J'en ai vu un à côté d'un abris-bus avec 30 personnes à São Paolo. Il était deux heures de l'après-midi.
Parfois, ces enfants qui se promèment avec des bouteilles d'eau presque vides, le nez toujours collé dessus. C'est pas de l'eau.Je donne très peu de monnaie, juste aux mamans avec des enfants. Une phase, une habitude qui va et qui vient. De toute façon ça change presque rien.
En passant, d'autres produits sont beaucoup moins cher, un sans abris ainsi peut se saouler pour moins d'un dollar, avec de la cachaça, un alcool de cane-à-sucre. Un dollar le litre au supermarché.
On a vraiment l'impression de vivre une vie en parallèle. À Copacabana, on est protégé. Mais partout dans la ville, il y a des favelas. Il y a Rocinha, la plus grande en amérique du sud, Cidade de Deus, la très connue à cause du film. Je ne sais pas si je vais y aller. Un peu risqué. Mon amie Patricia ne tient pas du tout vraiment à y aller. Peur des balles perdues.
On voit "Bowling for Columbine" et on s'étonne du nombre effarent de mort par armes à feu aux États-Unis. Pour une population deux fois moindre, le Brésil en a trois fois plus en nombres absolus. Donc, toutes proportion gardée, c'est six fois pire.

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